Romain Aubugeau
Investissement responsable : pourquoi les jeunes y croient plus ?
Deux tiers des 18-24 ans pensent que leur épargne peut changer quelque chose. Chez les plus de 65 ans, ils ne sont qu’un tiers. Publié le 22 septembre 2026, le 9e baromètre « Les Français et la finance responsable » réalisé par l’Ifop pour le Forum pour l’Investissement Responsable (FIR) dessine une fracture générationnelle nette. L’investissement responsable séduit d’abord les jeunes épargnants, mais le marché peine à transformer cette conviction en placements. Seuls 14 % des épargnants français déclarent avoir déjà investi dans un produit responsable, un chiffre quasi figé d’une année sur l’autre. Ce décalage entre l’envie et le passage à l’acte en dit long sur les limites de l’offre actuelle, et sur ce que les jeunes générations attendent réellement de leur argent : de la preuve, pas des promesses.
Investissement responsable : ce que révèle le baromètre Ifop-FIR 2026
L’investissement responsable désigne l’ensemble des placements qui intègrent, en plus du rendement financier, des critères environnementaux, sociaux et de gouvernance (ESG) dans la sélection des actifs. En France, il est principalement balisé par le label ISR, le label Greenfin et le label Finansol pour la finance solidaire.
L’enquête a été menée en ligne du 26 au 31 août 2026 auprès de 1 002 personnes représentatives de la population française âgée de 18 ans et plus. Elle rappelle d’abord que la France reste un pays d’épargnants : 87 % des sondés détiennent au moins un produit d’épargne, et 52 % un produit autre qu’un livret réglementé.
Des intentions stables, une pratique qui ne décolle pas
Les grands indicateurs bougent peu. Voici les principaux enseignements de l’édition 2026 :
- 52 % des Français jugent importants les impacts environnementaux et sociaux dans leurs décisions de placement, un niveau stable depuis 2024 ;
- 47 % estiment que leurs placements peuvent avoir un impact réellement positif sur l’environnement et la société ;
- 14 % des épargnants ont déjà investi dans un produit responsable (21 % parmi ceux qui détiennent autre chose qu’un livret) ;
- 17 % seulement disent connaître l’investissement responsable ;
- 22 % ont entendu parler d’au moins un label financier responsable, et 3 % citent spontanément le label ISR.
Le constat est sévère pour une filière qui communique depuis plus de dix ans. Novethic résumait le 25 septembre l’enjeu en une formule : l’investissement responsable « peine encore à se démarquer » chez les épargnants.
Le conseiller, levier numéro un
Un chiffre éclaire pourtant la voie. Parmi les 16 % d’épargnants à qui un conseiller a proposé un placement responsable, 62 % ont franchi le pas. À l’inverse, 26 % de ceux qui n’ont jamais été sollicités se disent prêts à investir. Le frein principal n’est donc pas l’adhésion, mais l’absence de proposition concrète au moment où la décision se prend.
Les jeunes, moteurs de l’épargne responsable
La lecture par tranche d’âge fait apparaître une pente régulière. Plus l’épargnant est jeune, plus il accorde de poids aux impacts de son argent.
| Tranche d’âge | Impacts jugés importants dans le choix d’un placement | Croit à l’impact positif de son épargne |
|---|---|---|
| 18-24 ans | 68 % | 65 % |
| 25-34 ans | 65 % | 53 % |
| 35-49 ans | 53 % | 51 % |
| 50-64 ans | 49 % | 45 % |
| 65 ans et plus | 40 % | 35 % |
Source : Ifop pour le FIR, « Les Français et la finance responsable », septembre 2026.
Une disposition à investir deux fois plus forte
L’écart devient décisif quand on regarde l’intention. Parmi les jeunes qui ne détiennent pas encore de placement responsable, 44 % des 18-24 ans et 39 % des 25-34 ans se disent prêts à en souscrire si on le leur propose, contre 26 % pour l’ensemble des épargnants non sollicités. Pour les acteurs de l’épargne, cette génération représente le principal gisement de croissance du secteur.
Cette appétence ne relève pas d’une posture. Elle s’inscrit dans des choix très tranchés sur ce qu’une épargne responsable doit financer. Le photovoltaïque est jugé compatible avec l’investissement responsable par 79 % des Français, loin devant le pétrole (24 %), le charbon (16 %) ou le tabac (10 %).
Des produits jeunesse qui ne trouvent pas leur public
Le paradoxe tient à l’offre. Les produits pensés pour cette cible peinent à s’installer, relevaient Les Echos fin septembre. Le Plan d’épargne avenir climat (PEAC), lancé le 1er juillet 2024, en est l’illustration. Réservé aux moins de 21 ans, plafonné à 22 950 euros et exonéré d’impôt sur les gains, il n’accepte que des supports labellisés ISR ou Greenfin, selon le ministère de l’Économie. Mais son horizon de blocage (jusqu’à 18 ans, avec au moins cinq ans de détention) et le fait qu’il repose sur des fonds cotés en limitent la lisibilité.
Pour mieux comprendre le fonctionnement de ce plan, notre dossier sur le Plan d’Épargne Avenir Climat (PEAC) détaille ses règles et ses limites.
Pourquoi la finance responsable peine à convaincre ?
Trois freins ressortent des études publiées en septembre 2026.
- Un impact difficile à percevoir. 57 % des épargnants jugent « neutre » l’effet de leurs produits responsables sur l’environnement et la société. Un fonds ISR composé de grandes capitalisations mondiales ne dit pas clairement à l’épargnant ce que son argent finance.
- Une méconnaissance persistante. Le label ISR, créé en 2016 et réformé en 2024, reste confidentiel. Le baromètre Altaprofits-Ifop, publié le 23 septembre 2026, ajoute que 87 % des Français reconnaissent mal maîtriser la fiscalité de l’épargne, alors que 76 % disent qu’elle influence leurs choix.
- La crainte du greenwashing. Cette défiance varie selon les régions. Selon la même étude Altaprofits-Ifop, 34 % des Franciliens s’en inquiètent, le taux le plus élevé du pays. Les Bretons, eux, sont 29 % à juger les critères responsables décisifs, contre 20 % au niveau national.
Pour les épargnants qui veulent éviter les pièges, nous avons consacré un article complet à la manière d’éviter d’investir dans le greenwashing.
L’agriculture, angle mort de l’épargne responsable
Un détail du baromètre mérite l’attention. Interrogés sur les enjeux prioritaires d’un investisseur responsable, les Français placent la pollution (77 %), le climat (75 %) et les droits humains (73 %) en tête. L’agroécologie n’est citée que par 49 % d’entre eux et la souveraineté économique par 29 %. Or l’agriculture concentre une part majeure des défis climatiques, de la gestion de l’eau et de la biodiversité en France. Ce décalage traduit moins un désintérêt qu’une absence de produits qui rendent ce lien visible.
Donner une traçabilité à son épargne : l’approche MiiMOSA
Les jeunes épargnants ne demandent pas un label de plus. Ils veulent savoir où va leur argent. C’est précisément la promesse du financement participatif agricole, qui permet de prêter directement à une exploitation, une coopérative ou un projet d’énergie renouvelable identifié, avec un porteur de projet nommé et un territoire précis.
Depuis sa création, MiiMOSA a accompagné le financement de plus de 8 000 projets en France et en Belgique, pour plus de 200 millions d’euros collectés auprès d’une communauté de 500 000 membres. La plateforme est agréée par l’AMF en tant que Prestataire européen de services de financement participatif (agrément FP-2024-5).
Concrètement, investir sur MiiMOSA repose sur des principes simples :
- un ticket d’entrée accessible, dès 100 euros, compatible avec une première épargne de jeune actif ;
- un projet identifié : méthanisation, agrivoltaïsme, conversion en bio, atelier de transformation à la ferme ;
- une rémunération connue à l’avance, entre 4 et 10 % brut par an selon la nature des projets affichés en septembre 2026 ;
- un suivi dans la durée, avec des nouvelles du porteur de projet jusqu’au remboursement.
Cette logique répond directement aux attentes exprimées dans le baromètre : un impact lisible, un secteur jugé utile (les énergies renouvelables arrivent en tête des secteurs plébiscités) et une contribution à la souveraineté alimentaire et énergétique du pays. Pour aller plus loin, notre article sur les vrais placements à impact en France compare les différentes options.
Comment passer de l’intention à l’investissement responsable quand on est jeune
L’enjeu, pour un épargnant de 20 ou 30 ans, consiste à construire une épargne cohérente sans sacrifier sa sécurité financière. Quelques étapes permettent de structurer la démarche :
- Sécuriser une épargne de précaution sur un livret réglementé (Livret A, LDD) avant toute prise de risque, l’équivalent de trois à six mois de dépenses.
- Évaluer sa capacité d’épargne mensuelle, par exemple avec le simulateur de capacité d’épargne MiiMOSA.
- Diversifier les supports : un fonds labellisé ISR ou Greenfin pour l’exposition aux marchés, une part en prêts participatifs pour l’économie réelle.
- Lire la fiche projet, notamment la durée, la solidité financière du porteur et l’usage précis des fonds.
- Intégrer la fiscalité : les intérêts perçus sont soumis au prélèvement forfaitaire unique de 31,4 % depuis janvier 2026.
Les jeunes actifs trouveront des repères complémentaires dans notre guide comment gérer son argent quand on a 25-30 ans. Et pour découvrir les collectes ouvertes, rendez-vous sur la page des projets à financer sur MiiMOSA.
FAQ : les jeunes et l’investissement responsable
Les jeunes Français sont-ils plus intéressés par l’investissement responsable ?
Oui. Selon le baromètre Ifop pour le FIR publié en septembre 2026, 68 % des 18-24 ans jugent importants les impacts environnementaux et sociaux dans leurs placements, contre 52 % de l’ensemble des Français et 40 % des plus de 65 ans. Ils sont aussi 65 % à croire que leur épargne peut avoir un impact positif, contre 47 % en moyenne.
Combien de Français ont déjà investi dans un placement responsable ?
En 2026, 14 % des épargnants français déclarent avoir déjà investi dans un produit responsable. La proportion monte à 21 % chez ceux qui détiennent un placement autre qu’un livret. Ce niveau est quasi stable par rapport à 2025.
Quels labels garantissent un investissement responsable en France ?
Les trois principaux labels sont le label ISR (investissement socialement responsable), le label Greenfin, centré sur la transition écologique et qui exclut les énergies fossiles, et le label Finansol pour l’épargne solidaire. Seuls 22 % des Français ont entendu parler d’au moins un de ces labels.
Un jeune peut-il investir de façon responsable avec un petit budget ?
Oui. Le financement participatif permet d’investir dès 100 euros dans des projets identifiés. Sur MiiMOSA, les épargnants prêtent à des exploitations agricoles, des coopératives ou des projets d’énergie renouvelable en France, avec une rémunération fixée dès le départ.
Investir de façon responsable réduit-il le rendement ?
Pas nécessairement. Le rendement dépend du type de support, de sa durée et du risque accepté. Un prêt participatif agricole affiche un taux connu à l’avance, mais il comporte un risque de perte en capital et d’illiquidité qu’il faut intégrer à sa stratégie.
Pourquoi l’investissement responsable reste-t-il peu utilisé ?
Principalement par manque de proposition et de lisibilité. Parmi les épargnants à qui un conseiller a présenté un produit responsable, 62 % ont investi. Mais seuls 16 % se sont vu faire une telle proposition, et 57 % jugent neutre l’impact réel des produits existants.
Conclusion
Le baromètre 2026 confirme un basculement générationnel : l’investissement responsable n’est plus une préoccupation marginale chez les moins de 35 ans, c’est un critère de choix. Ce qui manque, c’est une offre capable de rendre l’impact visible et d’aller chercher ces épargnants là où ils se trouvent. Les produits trop abstraits ou trop verrouillés ne suffiront pas à combler l’écart entre intention et pratique.
Vous voulez que votre épargne finance une ferme, une unité de méthanisation ou une installation agrivoltaïque dont vous connaissez le nom ? Découvrez les projets en cours de financement sur MiiMOSA et rejoignez une communauté d’investisseurs engagés pour la souveraineté alimentaire et énergétique française.
Ressources utiles :



