Journée mondiale de la mer 2026 : pourquoi la pêche durable française nous concerne tous ?

Le 2 mai. C’est la date à laquelle, statistiquement, la France a déjà consommé tout le poisson qu’elle est capable de produire elle-même sur l’année. Le reste, jusqu’au 31 décembre, vient de l’étranger. Ce repère, calculé chaque année à partir des données de FranceAgriMer, résume à lui seul l’état d’une filière que la journée mondiale de la mer invite à regarder de plus près. Contrairement à une idée reçue, cette journée n’est pas fixée au 25 septembre : elle tombe chaque année le dernier jeudi de septembre, soit le 24 septembre en 2026 (source). L’occasion de comprendre ce qui se joue derrière notre poisson pané, notre criée de quartier ou nos huîtres du dimanche, et la place qu’un citoyen peut y prendre.

Qu’est-ce que la journée mondiale de la mer ?

La journée mondiale de la mer est une initiative de l’Organisation maritime internationale (OMI), agence spécialisée des Nations unies. Créée en 1978, elle visait à l’origine à sensibiliser au transport maritime et à la sécurité en mer. Elle s’est progressivement élargie aux enjeux environnementaux et à la protection des ressources marines.

Contrairement à d’autres journées thématiques à date fixe, celle-ci est mobile : elle se tient le dernier jeudi de septembre, une décision renouvelée chaque année par l’OMI. En 2024, elle avait eu lieu le 26 septembre. En 2025, le 25 septembre. En 2026, elle se tiendra le 24 septembre, avant de basculer au 30 septembre en 2027.

Pour la période 2026-2027, l’OMI a retenu un thème inédit reconduit sur deux ans : « De la politique à la pratique, propulser l’excellence maritime ». L’objectif affiché est de transformer les engagements internationaux en actions concrètes dans les États membres, notamment sur la réduction des émissions du transport maritime et la protection des écosystèmes.

Cette journée dépasse largement le seul transport de marchandises. Elle est aussi devenue, dans les faits, un moment où l’on interroge la manière dont un pays comme la France, deuxième zone économique exclusive au monde avec près de 11,7 millions de km², gère et exploite ses ressources marines.

La pêche française, une filière sous tension

La France dispose d’un territoire maritime immense. Elle n’en tire pourtant qu’une fraction de sa consommation. Trois évolutions structurelles expliquent ce paradoxe.

Une flotte qui se réduit d’année en année. Le nombre de navires de pêche professionnels a diminué de 24 % entre 2000 et 2020, pour atteindre environ 6 223 bateaux, dont près d’un millier inactifs. La flotte active en métropole tourne aujourd’hui autour de 4 200 navires. Elle reste très majoritairement composée de petites unités : 86 % des bateaux mesurent moins de 12 mètres, et utilisent des engins de pêche dits passifs (filets, lignes, casiers), moins agressifs pour les fonds marins que le chalutage.

Une population de pêcheurs vieillissante. La filière compte aujourd’hui environ 17 000 marins-pêcheurs selon le Comité national des pêches maritimes et des élevages marins (CNPMEM). Près de la moitié ont plus de 45 ans, et le turnover important combiné au manque d’attractivité du métier freine le renouvellement générationnel. Les femmes ne représentent que 4 % des effectifs, en progression mais encore marginale.

Une dépendance croissante aux importations. En 2024, la France a importé 1,22 million de tonnes de produits aquatiques pour une valeur de 7,16 milliards d’euros, contre 361 000 tonnes exportées pour 2,23 milliards d’euros, selon FranceAgriMer. Le déficit commercial de la filière avoisine désormais 5 milliards d’euros par an, et se creuse depuis plusieurs années consécutives. Résultat : selon les dernières estimations disponibles, la France dépend à environ 66 % de l’importation pour couvrir sa consommation de produits de la mer, un niveau qui a nettement progressé depuis les années 2010.

Chaque Français consomme en moyenne 33,5 kg de poissons et crustacés par an. Une partie croissante de cette consommation vient de Norvège, du Royaume-Uni, d’Équateur ou de Madagascar, plutôt que des ports de Lorient, Boulogne-sur-Mer ou Saint-Jean-de-Luz.

Une pêche durable existe déjà, encore faut-il la financer

Derrière ces chiffres nationaux, une réalité plus fine se dessine sur le terrain : une partie de la filière française a fait le choix de méthodes de pêche douces, de circuits courts et d’une meilleure rémunération des marins-pêcheurs. C’est précisément ce que MiiMOSA finance depuis plusieurs années, aux côtés de porteurs de projets engagés.

Le projet Poiscaille, poisson frais, durable et éthique accessible à tous, illustre bien ce virage. L’entreprise achète en direct auprès de 250 pêcheurs français, avec un engagement sur des techniques douces uniquement (ligne, filet droit, casier, pêche à pied), des navires de moins de 12 mètres et des sorties à la journée. Résultat concret pour les pêcheurs partenaires : une rémunération jusqu’à 40 % supérieure au marché, stable toute l’année, qui leur permet de réduire leur effort de pêche sans perdre en revenu.

D’autres campagnes financées sur la plateforme accompagnent directement le renouvellement de la filière : l’installation à la petite pêche pour de nouveaux marins-pêcheurs qui reprennent une activité artisanale, l’acquisition d’un bateau pour une pêche responsable, ou encore une pêche responsable à La Réunion, qui rappelle que les enjeux de souveraineté halieutique ne s’arrêtent pas à la métropole et concernent aussi les territoires ultramarins.

Ce que ces projets ont en commun : ils s’attaquent directement aux deux failles identifiées plus haut, le vieillissement des effectifs et la fragilité économique de la petite pêche côtière, en apportant un financement que les circuits bancaires classiques accordent difficilement à des structures jugées trop petites ou trop atypiques.

Comment agir concrètement, à son échelle

On ne pêche pas soi-même son poisson, mais on choisit ce qu’on met dans son assiette. Quelques leviers, accessibles à tout citoyen, ont un impact réel sur la filière :

  • Privilégier les espèces dites « oubliées » : maquereau, sardine, bonite, chinchard. Abondantes et peu valorisées, elles soulagent la pression de pêche sur les espèces nobles surexploitées comme certains stocks de bar ou de sole.
  • Se tourner vers un circuit court : poissonnerie de criée, vente directe au port, paniers type Poiscaille. Le prix payé au pêcheur y est nettement supérieur à celui de la grande distribution classique.
  • Vérifier l’origine et la méthode de pêche sur l’étiquette : zone FAO, engin utilisé, label MSC pour les pêcheries certifiées durables.
  • Adapter sa consommation à la saison et à la zone de pêche, exactement comme on le ferait pour un fruit ou un légume, plutôt que d’exiger du saumon ou de la crevette toute l’année, deux produits aujourd’hui importés à la quasi-totalité en France.
  • Soutenir financièrement les projets de la filière, en investissant directement dans des entreprises et des pêcheurs qui structurent une pêche plus durable, via le financement participatif.

Aucun de ces gestes ne suffit isolément à inverser le déficit commercial de la filière. Mis bout à bout, à l’échelle de millions de foyers, ils pèsent sur la demande et orientent progressivement l’offre.

FAQ — Journée mondiale de la mer et pêche durable en France

Quelle est la date de la journée mondiale de la mer en 2026 ?

La journée mondiale de la mer aura lieu le jeudi 24 septembre 2026. Contrairement à une idée répandue, la date n’est pas fixe : elle correspond chaque année au dernier jeudi de septembre, décidée par l’Organisation maritime internationale (OMI).

Pourquoi la journée mondiale de la mer n’a-t-elle pas de date fixe ?

L’OMI a choisi de caler cette journée sur le dernier jeudi de septembre plutôt que sur une date calendaire fixe, afin de faciliter l’organisation d’événements officiels en semaine dans les États membres. La date varie donc d’une année sur l’autre, entre le 24 et le 30 septembre selon les années.

Quelle part du poisson consommé en France est importée ?

Selon les dernières estimations disponibles de FranceAgriMer, la France dépend à environ 66 % de l’importation pour sa consommation de produits de la mer. La flotte française ne couvre plus qu’une partie décroissante de la demande nationale, un écart qui s’est creusé au fil des vingt dernières années.

Qu’est-ce que la pêche durable, concrètement ?

La pêche durable désigne des pratiques qui préservent la capacité des stocks de poissons à se renouveler : usage d’engins passifs (filets, lignes, casiers) plutôt que de chaluts, respect des tailles minimales de capture, limitation de l’effort de pêche et rémunération des pêcheurs qui ne les pousse pas à surpêcher pour survivre économiquement.

Comment MiiMOSA contribue-t-il à une pêche plus durable en France ?

MiiMOSA finance, via le financement participatif, des projets qui structurent une pêche artisanale et responsable : circuits courts entre pêcheurs et consommateurs, installation de nouveaux marins-pêcheurs, acquisition de navires pour des pratiques de pêche douces. Ces financements comblent un vide laissé par les circuits bancaires traditionnels, souvent réticents face à des structures de petite taille.

Peut-on investir dans des projets de pêche durable en tant que particulier ?

Oui. Les particuliers peuvent soutenir des projets liés à la pêche responsable sur MiiMOSA, que ce soit sous forme de don avec contrepartie ou de prêt rémunéré, selon les campagnes en cours. Comme pour tout investissement participatif, cela comporte un risque de perte en capital et de liquidité.

En bref

La journée mondiale de la mer 2026 tombera le 24 septembre, et rappelle une réalité peu visible depuis nos étals : la France importe désormais les deux tiers de ce qu’elle mange venu de la mer, alors même que sa flotte artisanale et ses marins-pêcheurs peinent à se renouveler. Des solutions existent déjà, portées par des entreprises et des pêcheurs qui ont fait le choix d’une pêche plus douce et mieux rémunérée. Vous souhaitez soutenir concrètement une pêche française responsable ? Découvrez les projets liés à la mer et à l’alimentation durable en cours de financement sur MiiMOSA, et donnez un poids réel à votre choix de consommateur.