Romain Aubugeau
Top 3 des boulangeries engagées à Paris (financées par des citoyens engagés)
Trouver une boulangerie engagée à Paris ne se limite pas à repérer une pancarte « bio » en vitrine. Le vrai signal, souvent invisible pour le client, c’est la manière dont l’affaire a été financée : par une banque classique, ou par des centaines de citoyens qui ont choisi de miser sur un projet précis, avec ses farines, ses fournisseurs et son équipe.
Ce top 3 présente des boulangeries parisiennes qui ont toutes un point commun : leur développement a été soutenu par la communauté MiiMOSA, plateforme de financement participatif dédiée à l’agriculture et à l’alimentation durable. Deux ont choisi le prêt rémunéré, où les particuliers deviennent prêteurs et perçoivent des intérêts. Une troisième s’est appuyée sur le don avec contrepartie, plus adapté au lancement d’une petite adresse de quartier. Adresses, farines, spécialités et engagements concrets : voici de quoi orienter la prochaine sortie boulangère dans la capitale.
Pourquoi le financement participatif est un bon indicateur d’engagement
Le secteur de la boulangerie artisanale pèse aujourd’hui environ 17,2 milliards d’euros de chiffre d’affaires en France, pour un peu moins de 35 000 points de vente, selon le tableau de bord 2024 de la Confédération Nationale de la Boulangerie-Pâtisserie Française (CGAD). Le marché reste dominé par les artisans indépendants, qui représentent plus de la moitié de l’activité, face à la montée des enseignes structurées.
Cette dynamique, détaillée dans notre analyse du marché de la boulangerie en France, pousse de nombreux boulangers à choisir des circuits de financement alternatifs pour ouvrir, s’équiper ou développer un réseau sans dépendre uniquement du crédit bancaire classique.
Le choix des matières premières n’est pas neutre non plus sur le plan environnemental. Selon la base Agribalyse, gérée par l’ADEME, l’agriculture pèse pour environ 50% de l’empreinte carbone d’une baguette traditionnelle française, la culture du blé et sa transformation en farine restant l’étape la plus déterminante. Une boulangerie qui choisit ses farines avec soin, en circuit court ou biologiques, agit donc directement sur cette empreinte.
Sur MiiMOSA, deux mécanismes de financement coexistent :
- Le prêt rémunéré : les particuliers prêtent de l’argent à l’entreprise et perçoivent des intérêts, généralement entre 4 et 8,5% par an selon le projet, sur des durées de 36 à 60 mois. Ce mode de financement concerne des groupes déjà structurés, en phase d’ouverture de nouvelles boutiques.
- Le don avec contrepartie : les contributeurs financent un lancement ou un équipement en échange de pain, de viennoiseries ou d’invitations à l’inauguration. Ce format convient aux artisans qui démarrent seuls, sans réseau constitué.
Les deux logiques ont un point commun : chaque boulangerie doit convaincre des centaines de particuliers de la solidité et du sens de son projet avant même d’ouvrir sa porte.
Les boulangeries parisiennes financées sur MiiMOSA
The French Bastards
Adresse historique : 61 rue Oberkampf, 75011 Paris
Site officiel : thefrenchbastards.fr
Née en 2018 rue Oberkampf, The French Bastards a construit son identité sur une promesse assumée : une boulangerie « foodporn », pensée comme une expérience visuelle et gustative autant qu’alimentaire. Croissants revisités, pains mêlant farine de seigle et noisette, cruffins (pâte à croissant cuite en moule à muffin et fourrée), cookies XXL : la maison joue la carte de la créativité sans renoncer aux fondamentaux du métier.
Le groupe, fondé par Julien Abourmand, David Abehsera et Emmanuel Gunther, compte aujourd’hui 16 points de vente à Paris, Lille et Bordeaux, appuyés sur deux laboratoires de production. Plus de 75% de son activité repose sur la transformation de produits français, avec des farines biologiques tracées auprès du Moulin Paul Dupuis et du beurre AOP d’Isigny.
Cette boulangerie a bénéficié d’un financement de citoyens engagés dans la transition alimentaire : 996 prêteurs ont permis de réunir 1 500 000 euros en prêt rémunéré à 8% sur 60 mois, financé le 4 mai 2026, pour accompagner l’ouverture de nouvelles boutiques et le renforcement de l’outil de production. Retrouvez la collecte du projet : Déploiement d’un groupe de boulangeries engagées.
TRANCHÉ
Adresse (boutique historique du Marais) : 28 rue Saint-Antoine, 75004 Paris
Autres adresses à Paris : 20 rue des Dames (17e), 22 rue Brochant (17e), 62 rue Marguerite de Rochechouart (9e)
Site officiel : tranchegroupe.com
TRANCHÉ se définit comme « néo-boulanger, rétro-passionné ». Depuis sa création en 2022, le groupe façonne pains et viennoiseries directement en boutique, avec un fournil ouvert sur la vente, pendant que la pâtisserie est produite dans son atelier central d’Ivry-sur-Seine. La maison revendique des blés anciens et un beurre AOP de Vendée, dans une gamme qui mélange tradition boulangère et gourmandise assumée.
Récompensée par deux étoiles Ecotable en 2024 et engagée dans une certification B Corp, TRANCHÉ a structuré une démarche anti-gaspillage concrète : revente à moitié prix des invendus et valorisation des déchets en compost via un partenariat avec Les Alchimistes. Le groupe emploie près de 90 personnes sur ses cinq boutiques parisiennes et franciliennes.
Cette boulangerie a bénéficié d’un financement de citoyens engagés dans la transition alimentaire : 160 prêteurs ont réuni 250 000 euros en prêt rémunéré à 7,5% sur 48 mois, financé le 17 avril 2026, pour ouvrir une sixième boutique rue Saint-Placide, dans le 6e arrondissement. Retrouvez la collecte du projet : Développement d’un groupe de boulangeries artisanales.
GABIN DANS LE PETRIN
Adresse : 80 rue d’Amsterdam, 75009 Paris
Gabin Laforie a quitté un poste de cadre en école de commerce pour se reconvertir en boulanger, avec un CAP obtenu à l’école Ferrandi en 2021 après des stages chez Mamiche, Le Fournil de Talou, Maison St-Honoré et Miettes. En 2023, il ouvre sa propre adresse rue d’Amsterdam, dans le 9e arrondissement.
La boulangerie ne travaille que sur levain naturel, avec des farines biologiques « brutes », sans additif, issues du dernier meunier indépendant d’Île-de-France, Gilles Matignon, complétées par des blés anciens cultivés par le paysan céréalier Reynald Bernard. Le fournil, ouvert sur la boutique, laisse voir le travail quotidien des boulangers. La gamme mise sur les grosses pièces vendues à la coupe, à commencer par le Titou, pain de campagne signature, aux côtés de tourtes de seigle et de petit épeautre, de croissants au feuilletage épais et d’une brioche feuilletée au caramel beurre salé.
Cette boulangerie a bénéficié d’un financement de citoyens engagés dans la transition alimentaire : 51 contributeurs ont réuni 6 900 euros en don avec contrepartie, financé le 3 juin 2023, pour remplacer le store-banne de la boutique et protéger le fournil de la chaleur estivale. Retrouvez la collecte du projet : Soutenez la Boulangerie GABIN DANS LE PETRIN. Trois ans après son ouverture, l’adresse affiche une note de 4,7/5 sur plusieurs centaines d’avis, signe d’un ancrage de quartier réussi.
Comment reconnaître une boulangerie vraiment engagée à Paris ?
Une boulangerie engagée se reconnaît à des critères vérifiables, pas à un simple discours marketing. La traçabilité de la farine en fait partie : un boulanger capable de nommer son meunier, sa région de blé ou son mode de culture donne un premier indice sérieux. Le travail au levain naturel, plus lent que la levure industrielle, améliore la digestibilité du pain et sa conservation, tout en demandant plus de savoir-faire.
La gestion des invendus compte aussi. Revente à prix réduit en fin de journée, dons à des associations, partenariats de compostage : ces pratiques limitent le gaspillage alimentaire dans un secteur où les pertes restent importantes. Les labels comme Ecotable apportent une évaluation externe, tout comme la transparence sur l’origine du beurre, souvent AOP, et sur la part de production française revendiquée par l’enseigne.
Le mode de financement, enfin, en dit long. Une boulangerie qui a convaincu des centaines de citoyens de miser sur son projet a dû, au minimum, présenter un modèle économique clair et des engagements vérifiables avant de récolter le moindre euro.
MiiMOSA, la plateforme pour soutenir la boulangerie engagée
MiiMOSA permet à chacun de financer directement des projets agricoles et alimentaires partout en France, boulangeries comprises, selon deux mécanismes complémentaires. Le don avec contrepartie s’adresse à ceux qui veulent soutenir un lancement ou un équipement en échange de pain, de pâtisseries ou d’une invitation à l’inauguration. Le prêt rémunéré s’adresse aux investisseurs qui souhaitent percevoir des intérêts, jusqu’à 10% brut par an selon les projets, tout en finançant des entreprises alimentaires en croissance.
Si vous souhaitez savoir combien vous pouvez investir dans l’alimentation durable, MiiMOSA met à votre disposition un simulateur de capacité d’épargne, gratuit et sans engagement, accessible en quelques clics sur decouverte.miimosa.com/fr/simulation-capacite-epargne.
Chaque prêt comporte un risque de perte en capital et d’illiquidité, à mesurer avant tout investissement. Pour découvrir les projets de boulangeries et d’autres filières alimentaires actuellement en financement, rendez-vous sur miimosa.com.
FAQ : Boulangeries engagées et financement participatif à Paris
Qu’est-ce qu’une boulangerie engagée ?
Une boulangerie engagée choisit ses matières premières avec traçabilité (farines biologiques ou en circuit court, beurre AOP), travaille souvent au levain naturel et limite son gaspillage alimentaire par la revente d’invendus ou le compostage. Son mode de financement, quand il passe par le financement participatif, est également un indicateur de transparence.
Quelle différence entre prêt rémunéré et don avec contrepartie sur MiiMOSA ?
Le prêt rémunéré permet aux particuliers de prêter de l’argent à une entreprise et de percevoir des intérêts, généralement entre 4 et 8,5% par an. Le don avec contrepartie consiste à financer un projet en échange de produits ou d’expériences, sans remboursement financier. Le premier concerne des structures déjà développées, le second des lancements ou de petits équipements.
Les boulangeries de ce classement sont-elles ouvertes à tous les jours de la semaine ?
Les horaires varient selon les adresses. The French Bastards et TRANCHÉ proposent des ouvertures étendues, souvent sept jours sur sept selon les boutiques, tandis que GABIN DANS LE PETRIN ferme certains jours en semaine. Il est recommandé de vérifier les horaires à jour sur Google Maps ou les réseaux sociaux de chaque enseigne avant de se déplacer.
Peut-on investir dans une boulangerie sur MiiMOSA sans connaissances financières particulières ?
Oui. MiiMOSA encadre chaque projet de prêt rémunéré avec une fiche détaillant taux, durée et facteurs de risque, et propose un simulateur de capacité d’épargne gratuit pour évaluer un montant d’investissement adapté à sa situation. Un délai de réflexion réglementaire de 4 jours minimum s’applique avant toute souscription.
Pourquoi certaines boulangeries choisissent-elles le prêt rémunéré plutôt qu’un prêt bancaire classique ?
Le financement participatif permet de lever des fonds sans attendre la validation d’une banque, souvent plus prudente sur des concepts encore jeunes ou en forte croissance. Il offre aussi une visibilité auprès d’une communauté de plusieurs centaines de prêteurs, qui peuvent devenir des ambassadeurs de la marque une fois le projet financé.
Existe-t-il d’autres boulangeries engagées financées sur MiiMOSA en dehors de Paris ?
Oui. MiiMOSA finance régulièrement des boulangeries partout en France, notamment en régions rurales où les artisans reprennent des commerces de village ou s’équipent en circuits courts. Le champ d’application de la plateforme dépasse largement la capitale.
Vous souhaitez soutenir une boulangerie engagée ou un autre projet alimentaire porteur de sens ? Découvrez les projets en cours de financement sur MiiMOSA et rejoignez une communauté de citoyens qui financent directement la transition alimentaire française.






