DPE et interdiction de location : ce que ça coûte vraiment à un propriétaire bailleur

Depuis 2025, un logement classé G au diagnostic de performance énergétique ne peut plus être mis en location en France. Les classes F suivront en 2028, les E en 2034. Pour un propriétaire bailleur, cette réforme du DPE ne se résume pas à une contrainte administrative : elle transforme le calcul de rentabilité de tout bien énergivore. Voici ce qu’il faut anticiper, en euros et en délais.

Le calendrier de l’interdiction de location par DPE

La réforme, entrée pleinement en vigueur en 2026, reclasse environ 850 000 logements en France. Le calendrier fonctionne par paliers successifs : les logements classés G sont interdits à la location depuis 2025, les F le seront à partir de 2028, les E à partir de 2034. Un propriétaire qui possède aujourd’hui un bien classé F ou G doit donc arbitrer entre vendre, rénover ou perdre progressivement la possibilité de le louer.

Cette échéance change la donne pour l’achat comme pour la détention. Un bien énergivore acheté aujourd’hui sans projet de rénovation devient, à moyen terme, un actif qui ne pourra plus générer de revenus locatifs.

Ce que coûte réellement une rénovation énergétique

Le montant des travaux nécessaires pour faire sortir un logement de la catégorie des passoires thermiques varie fortement selon le bien, mais les ordres de grandeur observés sur le marché donnent une indication utile. Une proposition de loi adoptée en commission en mai 2026 fixe d’ailleurs des objectifs de rénovation revus à la baisse pour les bailleurs privés : un minimum de 20 % de travaux par rapport au prix d’achat, avec deux sauts de classe DPE exigés pour les logements F ou G, contre un seul saut pour les autres logements.

Ce seuil de 20 % du prix d’achat donne une première fourchette budgétaire. Pour un bien acquis 150 000 €, cela représente environ 30 000 € de travaux, un montant à intégrer dès la phase d’acquisition dans le plan de financement global, et non à découvrir après l’achat.

Les leviers fiscaux disponibles en 2026

Face à ce coût, la loi de finances 2026 renforce plusieurs déductions fiscales liées aux travaux énergétiques. Le plafond du déficit foncier imputable sur le revenu global est relevé à 40 000 € par an, contre 10 700 € auparavant, pour les propriétaires qui réalisent des travaux de rénovation énergétique sur un bien loué nu. Un investisseur qui engage 35 000 € de travaux sur un logement ancien peut ainsi réduire significativement son impôt sur le revenu global l’année des travaux.

Certaines communes ont par ailleurs délibéré en faveur d’une exonération temporaire de taxe foncière, pouvant atteindre 50 % à 100 %, pour les logements anciens ayant fait l’objet de travaux de rénovation thermique entre 2020 et 2026. Ces exonérations, facultatives et locales, doivent être vérifiées commune par commune avant de bâtir son plan de financement.

MaPrimeRénov’ reste également mobilisable pour les ménages modestes, avec une prise en charge pouvant atteindre 70 % du montant des travaux selon les revenus et le gain énergétique obtenu.

Acheter une passoire thermique pour la rénover : une stratégie à double tranchant

Certains investisseurs choisissent délibérément d’acheter un bien classé F ou G, en profitant d’une décote de prix pouvant atteindre 15 % à 20 % par rapport à un bien équivalent mieux classé, pour financer ensuite sa rénovation. Combinée aux aides disponibles et au relèvement du plafond de déficit foncier, l’équation peut s’avérer favorable, à condition de chiffrer précisément le coût réel des travaux avant l’achat, et non sur une simple estimation approximative.

Le risque principal de cette stratégie reste le dépassement budgétaire, fréquent sur les chantiers de rénovation énergétique lourde, en particulier dans l’ancien où des découvertes structurelles peuvent survenir en cours de travaux. Un devis initial doit toujours intégrer une marge de sécurité d’au moins 15 % à 20 %.

L’alternative pour éviter le risque travaux

Pour un investisseur qui souhaite s’exposer à l’immobilier locatif sans porter le risque d’une rénovation énergétique lourde, la SCPI reste une option : la société de gestion pilote elle-même la stratégie de rénovation du parc immobilier détenu, en mutualisant le coût sur l’ensemble des porteurs de parts.

D’autres épargnants choisissent de limiter la part de leur patrimoine exposée aux contraintes du DPE, en orientant une partie de leur capital vers des projets qui participent, eux aussi, à la transition énergétique, mais sous une forme différente. MiiMOSA, plateforme de financement participatif, permet de financer des projets d’agrivoltaïsme, de méthanisation ou de bois énergie portés par des exploitants et des développeurs français. C’est une manière de participer directement à la transition énergétique du pays, sans porter individuellement le risque d’un chantier de rénovation. Comme tout investissement participatif, il comporte un risque de perte en capital et ne garantit aucun rendement.

Avant d’engager un budget de rénovation ou un nouvel investissement, mesurer sa capacité d’épargne disponible reste la première étape. Le simulateur de capacité d’épargne de MiiMOSA permet d’estimer ce montant en quelques minutes.

FAQ — DPE et interdiction de location

Quels logements sont interdits à la location en 2026 ?

Les logements classés G au DPE sont interdits à la location depuis 2025. Les logements classés F le seront à partir de 2028, et les logements classés E à partir de 2034.

Combien coûte une rénovation énergétique pour sortir un bien de l’interdiction de location ?

Le montant varie selon l’état du bien, mais une proposition de loi de mai 2026 fixe un objectif minimum de 20 % du prix d’achat en travaux, avec deux sauts de classe DPE requis pour les logements F ou G.

Quelles aides existent pour financer une rénovation énergétique locative ?

Le plafond du déficit foncier imputable sur le revenu global atteint 40 000 € par an en 2026 pour les travaux de rénovation énergétique. MaPrimeRénov’ peut également couvrir jusqu’à 70 % du coût selon les revenus, et certaines communes proposent une exonération temporaire de taxe foncière.

Est-il intéressant d’acheter une passoire thermique pour la rénover ?

Cela peut l’être, grâce à une décote d’achat pouvant atteindre 15 % à 20 %, mais uniquement avec un chiffrage précis des travaux avant l’acquisition et une marge de sécurité budgétaire d’au moins 15 % à 20 %.

La SCPI est-elle concernée par la contrainte du DPE ?

Oui, mais la gestion de la rénovation énergétique du parc immobilier est assurée par la société de gestion, à l’échelle de l’ensemble des actifs détenus, ce qui mutualise le risque et le coût pour chaque porteur de parts.

En résumé

L’interdiction progressive de location par DPE transforme durablement le calcul de rentabilité de l’immobilier locatif ancien. Anticiper le coût réel des travaux, mobiliser les aides disponibles et, le cas échéant, diversifier une partie de son épargne vers d’autres formes d’investissement dans la transition énergétique permet d’aborder cette échéance sans subir la contrainte au dernier moment.

Découvrez comment MiiMOSA finance la transition énergétique agricole française, et calculez votre capacité d’épargne avec le simulateur MiiMOSA avant d’arbitrer votre prochain investissement.