Romain Aubugeau
Épargne pour enfant : quels placements ouvrir ?
À l’approche des fêtes, beaucoup de parents et de grands-parents se posent la même question : plutôt qu’un jouet de plus, pourquoi ne pas offrir un début d’épargne ? Un capital constitué dès la naissance peut financer les études, le permis de conduire ou un premier apport immobilier, à condition de choisir les bons supports.
Les placements pour enfant ne se valent pas. Certains sont pensés pour la petite épargne disponible, d’autres pour un horizon de quinze ou vingt ans. Voici les solutions pour constituer une épargne pour enfant, avec leurs plafonds, leurs avantages et leurs limites en 2026.
Avant de choisir : trois questions à se poser
Le bon placement dépend de l’objectif. Trois questions permettent de trancher :
- À quel horizon l’argent servira-t-il ? Une épargne pour les 18 ans de l’enfant n’appelle pas les mêmes supports qu’une réserve pour les dépenses de l’année.
- Qui gardera la main ? Un placement ouvert au nom de l’enfant lui appartient. À sa majorité, il pourra en disposer librement, sauf aménagement prévu.
- Qui verse l’argent ? Les versements des parents, des grands-parents ou des parrains n’ont pas le même traitement fiscal au-delà de certains montants.
Les livrets : la petite épargne disponible
Le Livret A
C’est le placement le plus répandu chez les enfants. Il peut être ouvert dès la naissance, avec un plafond de 22 950 euros. Il est rémunéré à 1,7 % depuis le 1er août 2026, sans impôt ni prélèvements sociaux. Le mineur peut effectuer lui-même des retraits à partir de 16 ans, sauf opposition de son représentant légal. Son rendement modeste en fait un outil de disponibilité plutôt qu’un placement de long terme.
Le Livret Jeune
Réservé aux 12-25 ans, il est plafonné à 1 600 euros. Son taux est fixé par chaque banque, mais ne peut pas être inférieur à celui du Livret A : selon les établissements, il varie de 1,7 % à 3,5 %. Les intérêts sont exonérés d’impôt. C’est un bon support pour apprendre à un adolescent à gérer un petit budget, souvent avec une carte de retrait dès 16 ans.
Les livrets bancaires pour enfant
Certaines banques proposent des livrets spécifiques aux jeunes enfants, avec des taux parfois attractifs mais des plafonds bas, souvent autour de 1 600 euros, et des intérêts imposés au prélèvement forfaitaire unique. Ils servent surtout à des produits d’appel.
Les placements de long terme
L’assurance vie au nom de l’enfant
L’assurance vie peut être ouverte au nom d’un mineur, ses représentants légaux gérant le contrat jusqu’à sa majorité. Elle permet de combiner un fonds euros, dont le capital est garanti, et des unités de compte plus dynamiques mais risquées. L’avantage principal tient au temps : un contrat ouvert à la naissance aura plus de huit ans au moment des études, et bénéficiera d’une fiscalité allégée sur les retraits.
À la majorité, l’enfant dispose librement de son contrat. Les parents qui souhaitent retarder ce moment peuvent, lors d’une donation, assortir les sommes d’un pacte adjoint fixant un âge de déblocage, par exemple 25 ans.
Le Plan d’épargne avenir climat (PEAC)
Créé pour les moins de 21 ans, le PEAC est plafonné à 22 950 euros, avec des gains exonérés d’impôt. Il est investi dans des fonds labellisés ISR ou Greenfin, sans garantie en capital. Les sommes restent bloquées jusqu’à la majorité, puis jusqu’aux cinq ans du plan, et le plan se ferme aux 30 ans du titulaire. Il reste à ce jour proposé par un nombre limité de banques.
Le PEA, à partir de la majorité
Un mineur ne peut pas ouvrir de plan d’épargne en actions. En revanche, un enfant majeur rattaché au foyer fiscal de ses parents peut ouvrir un PEA, plafonné à 20 000 euros tant qu’il reste rattaché. C’est une façon de lancer très tôt l’horloge fiscale de cinq ans.
Donner de l’argent à un enfant : ce que dit la fiscalité
Les sommes versées sur les placements d’un enfant constituent des dons. Au-delà des cadeaux d’usage, proportionnés aux revenus du donateur et offerts lors d’occasions comme Noël ou un anniversaire, ils entrent dans le cadre fiscal des donations :
- chaque parent peut donner jusqu’à 100 000 euros à chaque enfant en franchise de droits, tous les quinze ans ;
- chaque grand-parent peut donner jusqu’à 31 865 euros à chaque petit-enfant, tous les quinze ans ;
- un don familial de sommes d’argent de 31 865 euros supplémentaires est possible lorsque le donateur a moins de 80 ans et le bénéficiaire est majeur.
Pour aller plus loin sur ces règles, notre dossier sur la donation à un enfant détaille les abattements et les stratégies de transmission.
Donner du sens à l’épargne de son enfant
Épargner pour un enfant, c’est aussi l’occasion de lui transmettre une relation à l’argent. Expliquer à un adolescent où va son épargne, ce qu’elle finance et pourquoi elle rapporte des intérêts fait partie de son éducation financière.
Les plateformes de financement participatif sont réservées aux majeurs. Un parent peut en revanche investir en son nom une partie de l’épargne qu’il destine à son enfant, puis lui transmettre les sommes le moment venu. Sur MiiMOSA, le prêt rémunéré finance des exploitations agricoles et des projets de transition énergétique en France, pour des taux affichés de 5 % à 10 % par an selon les projets, avant fiscalité. Les intérêts supportent le prélèvement forfaitaire unique de 31,4 % en 2026. Chaque projet est identifié : un élevage, une ferme maraîchère, une installation de jeune agriculteur. De quoi raconter à un enfant ce que son épargne a permis de construire.
Ce placement comporte un risque de perte en capital et une immobilisation des fonds jusqu’au terme du prêt. Il ne doit représenter qu’une fraction de l’épargne destinée à l’enfant, qui doit d’abord reposer sur des supports sécurisés.
Investir dans des projets de financement participatif comporte un risque de perte partielle ou totale du capital investi et un risque d’illiquidité. N’investissez que l’argent dont vous n’avez pas besoin à court terme et diversifiez vos placements.
FAQ : épargne pour enfant
Quel est le meilleur placement pour un enfant ?
Il dépend de l’horizon. Le Livret A et le Livret Jeune conviennent à la petite épargne disponible. Pour un horizon de dix ans ou plus, l’assurance vie au nom de l’enfant ou le Plan d’épargne avenir climat offrent un meilleur potentiel, avec davantage de risque selon les supports choisis.
À quel âge un enfant peut-il retirer l’argent de son Livret A ?
À partir de 16 ans, un mineur peut effectuer lui-même des retraits sur son Livret A, sauf opposition de son représentant légal. Avant cet âge, les retraits sont réalisés par les parents.
Peut-on ouvrir une assurance vie pour un enfant mineur ?
Oui. Le contrat est ouvert au nom de l’enfant et géré par ses représentants légaux jusqu’à sa majorité. À 18 ans, l’enfant en dispose librement, sauf si les sommes données sont assorties d’un pacte adjoint qui fixe un âge de déblocage.
Combien peut-on donner à un enfant sans payer de droits ?
Chaque parent peut donner 100 000 euros à chaque enfant tous les quinze ans sans droits de donation. Les grands-parents disposent d’un abattement de 31 865 euros par petit-enfant, sur la même période.
Un mineur peut-il ouvrir un PEA ?
Non. Le PEA est réservé aux majeurs. Un enfant majeur rattaché au foyer fiscal de ses parents peut toutefois ouvrir un PEA plafonné à 20 000 euros.
Conclusion
Constituer une épargne pour enfant repose sur un principe simple : associer des supports disponibles pour les besoins proches et des placements de long terme pour les grands projets. Le Livret A et le Livret Jeune assurent la base, l’assurance vie et le PEAC travaillent dans la durée. Commencer tôt compte davantage que le montant versé : quinze ou vingt ans d’épargne régulière suffisent à constituer un vrai capital de départ.
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