Écart d’épargne entre femmes et hommes en France : ce que disent les chiffres

Deux fois moins de femmes que d’hommes détiennent un produit d’investissement en France. Selon l’édition spéciale du Baromètre de l’épargne et de l’investissement de l’AMF consacrée aux femmes, publiée en mars 2026, seules 24 % des femmes déclarent détenir un placement financier (PEA, compte-titres, cryptoactifs, financement participatif), contre 45 % des hommes. Cet écart n’est pas une question de préférence individuelle : il s’enracine largement dans un écart de revenu et de capacité d’épargne structurel, que les chiffres officiels permettent aujourd’hui de documenter précisément.

Un écart qui part du salaire, pas de la volonté d’épargner

L’écart de rémunération entre femmes et hommes en France reste significatif : selon l’Insee, l’écart de salaire net entre femmes et hommes a certes diminué d’un tiers entre 1995 et 2023, mais demeure substantiel, en partie sous l’effet de la ségrégation professionnelle (répartition inégale des femmes et des hommes entre secteurs et postes). Ce différentiel de revenu se traduit mécaniquement par une capacité d’épargne réduite pour un grand nombre de femmes, avant même toute question de comportement face au risque.

Le Baromètre AMF le formule sans détour : les écarts de revenus restent en défaveur des femmes, qui ont en conséquence moins les moyens d’épargner et d’investir. Le fait que les jeunes femmes CSP+ investissent davantage que leurs aînées conforte cette lecture : lorsque l’écart de revenu se réduit, le comportement d’épargne se rapproche de celui des hommes.

Un écart qui se creuse avec l’âge

Le Baromètre AMF 2025 relève que 33 % des femmes de moins de 35 ans déclarent détenir des produits investis en bourse au sein de leur foyer, contre seulement 11 % des femmes de 55 ans et plus. Cette évolution suggère un changement générationnel réel, mais elle révèle aussi que les femmes plus âgées ont accumulé, tout au long de leur carrière, un déficit d’épargne investie qui pèse directement sur leur retraite. Selon le Baromètre ViveS Média 2026, réalisé avec ViaVoice pour BoursoBank et Natixis Wealth Management, l’écart de pension entre femmes et hommes reste l’une des inégalités les plus tenaces de la vie financière, conséquence directe de trajectoires de carrière et de capacités d’épargne différentes dès le début de la vie active.

Des choix de placement différents, pas seulement des montants différents

Le Baromètre ViveS Média 2026 relève également que les femmes investissent moins que les hommes dans l’assurance-vie, le Plan d’Épargne Retraite (PER) et le Plan d’Épargne en Actions (PEA), mais davantage dans l’immobilier, valeur refuge pour sécuriser leur logement en premier lieu. Cette préférence pour la sécurité plutôt que la performance, documentée de longue date dans les études sur l’épargne, s’explique en partie par une aversion au risque plus prononcée, mais aussi par une capacité d’épargne mensuelle souvent plus réduite qui laisse moins de marge pour absorber la volatilité d’un placement risqué.

Comment calculer sa capacité d’épargne indépendamment de ces écarts structurels

Le calcul de la capacité d’épargne (revenus nets moins charges fixes moins dépenses variables) reste identique pour tous, mais il révèle plus directement l’impact des écarts salariaux quand il est appliqué à un revenu individuel plutôt qu’à un revenu de foyer. Pour une femme souhaitant objectiver précisément sa marge de manœuvre financière personnelle, indépendamment du revenu de son conjoint le cas échéant, le simulateur de capacité d’épargne permet de faire ce calcul de façon individuelle et sans jugement.

Réduire l’écart homme femme, une capacité d’épargne à la fois

Plusieurs leviers concrets permettent de combler progressivement cet écart, indépendamment de la résolution plus lente des écarts salariaux structurels :

  • Commencer à investir tôt, même avec de petits montants, pour bénéficier de l’effet des intérêts composés sur un horizon plus long : la tendance déjà observée chez les femmes de moins de 35 ans va dans ce sens.
  • Diversifier au-delà de l’immobilier, en intégrant des placements financiers accessibles avec un ticket d’entrée réduit, comme le financement participatif, qui ne nécessite pas d’apport conséquent contrairement à un investissement locatif.
  • Négocier sa rémunération régulièrement, la directive européenne sur la transparence des salaires, à transposer en droit français d’ici juin 2026, devant faciliter l’identification des écarts au sein d’une même entreprise.

Le financement participatif agricole, accessible dès 100 euros sur MiiMOSA, constitue à cet égard un point d’entrée particulièrement adapté pour amorcer une diversification sans exiger un apport de départ conséquent, contrairement à l’immobilier vers lequel les femmes se tournent aujourd’hui majoritairement.

FAQ — Écart d’épargne entre femmes et hommes

Quel est l’écart d’investissement entre femmes et hommes en France ?

Selon l’AMF, 24 % des femmes déclarent détenir un produit d’investissement en 2025, contre 45 % des hommes, soit près de deux fois moins.

Cet écart vient-il d’un manque d’intérêt des femmes pour l’investissement ?

Non, principalement de l’écart de revenu structurel entre femmes et hommes, qui réduit mécaniquement la capacité d’épargne disponible, plutôt que d’un désintérêt pour les placements financiers.

L’écart d’épargne se réduit-il chez les jeunes générations ?

Oui, 33 % des femmes de moins de 35 ans détiennent des produits investis en bourse au sein de leur foyer, contre 11 % des femmes de 55 ans et plus, selon le Baromètre AMF 2025.

Pourquoi les femmes investissent-elles davantage dans l’immobilier que dans les placements financiers ?

L’immobilier est perçu comme une valeur refuge pour sécuriser le logement, tandis que l’assurance-vie, le PER et le PEA nécessitent souvent une capacité d’épargne régulière que l’écart de revenu rend plus difficile à mobiliser.

Comment commencer à investir avec une capacité d’épargne réduite ?

Le financement participatif agricole permet de commencer dès 100 euros, un ticket d’entrée nettement inférieur à celui d’un investissement immobilier, ce qui en fait une option de diversification accessible sans apport conséquent.

Investir présente un risque de perte en capital et de liquidité. N’investissez que l’argent dont vous n’avez pas besoin immédiatement et diversifiez votre épargne.

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