Romain Aubugeau
Épargne retraite : pourquoi 72 % des actifs anticipent une baisse de niveau de vie
72 % des actifs français pensent que leur niveau de vie va diminuer une fois à la retraite, selon le dernier baromètre Ifop pour Altaprofits (avril 2026). Plus frappant encore, seuls 30 % d’entre eux connaissent, même approximativement, le montant de la pension qu’ils toucheront. Entre suspension de la réforme des retraites et défiance grandissante envers le système par répartition, l’épargne retraite complémentaire s’impose comme un sujet que l’on ne peut plus reporter. Reste à savoir vers quels supports orienter cet effort d’épargne, et si la performance financière doit rester le seul critère de choix.
Un système par répartition sous tension durable
La réforme des retraites de 2023, dont la mesure phare repoussait l’âge légal de départ à 64 ans, a été suspendue jusqu’à l’élection présidentielle de 2027. Cette pause n’a pas rassuré les actifs : seuls 29 % d’entre eux souhaitent appliquer la réforme telle qu’initialement prévue, tandis que 34 % veulent l’abroger définitivement et 37 % préfèrent une réforme alternative.
Cette indécision collective traduit un malaise plus profond. Le système par répartition, où les cotisations des actifs financent directement les pensions des retraités, repose sur un équilibre démographique de plus en plus fragile. L’allongement de l’espérance de vie et le ralentissement de la natalité réduisent mécaniquement le nombre de cotisants par retraité.
Trois leviers reviennent dans le débat public pour adapter le système :
- cotiser davantage durant la vie active pour augmenter les recettes sans toucher à la durée de cotisation ;
- allonger la durée de travail pour faire face à l’allongement de l’espérance de vie ;
- réduire le niveau des pensions pour inciter chacun à capitaliser de son côté.
Selon le baromètre Ifop pour Altaprofits, 82 % des personnes favorables à une réforme alternative soutiennent l’augmentation des cotisations, et 68 % l’allongement de la durée de travail. La piste d’une baisse des pensions, elle, ne convainc que 18 % des répondants.
Une défiance qui se traduit en comportement d’épargne
Le doute sur l’avenir des retraites ne reste pas théorique : il modifie déjà la manière dont les actifs envisagent de financer leur niveau de vie futur. Seuls 9 % des actifs comptent intégralement sur le système de retraite français pour assurer leurs revenus à la retraite, un chiffre en recul de 8 points par rapport à 2025. À l’inverse, 9 % anticipent de vivre majoritairement de leur épargne personnelle ou de leurs placements, en hausse de 15 points sur la même période.
Cette bascule touche particulièrement certains profils : 51 % des femmes de 35 ans et plus, 55 % des ouvriers et 57 % des catégories les plus modestes déclarent vouloir compter sur leur épargne, en complément ou en remplacement de la pension publique. Le réflexe de l’épargne complémentaire n’est donc plus réservé aux cadres aisés, il gagne du terrain dans des catégories pour qui chaque euro placé compte davantage.
Dans le même temps, le baromètre Ifop pour Altaprofits relève une prudence accrue : 79 % des Français qui épargnent privilégient des produits sans risque, même à faible rendement, contre 76 % en 2024. Cette aversion au risque place les épargnants devant une équation délicate. Les produits jugés les plus sûrs, comme le Livret A, offrent une protection du capital mais un rendement structurellement limité, insuffisant pour combler un écart de pension qui se chiffre souvent en centaines d’euros par mois.
Le Plan d’Épargne Retraite, un outil qui se généralise mais reste mal compris
Sur le terrain des solutions existantes, le Plan d’Épargne Retraite (PER), créé par la loi Pacte en 2019, confirme sa montée en puissance. Selon France Assureurs, les versements effectués sur les PER ont augmenté de 16 % en 2025 pour atteindre 20,2 milliards d’euros. Le dispositif dépasse désormais 11 millions de titulaires en France.
Le PER présente un double avantage : une déduction fiscale des versements volontaires du revenu imposable, et une sortie en capital ou en rente au moment de la retraite. Mais il comporte aussi des limites qu’il faut connaître avant de s’engager :
- les sommes versées sont en principe bloquées jusqu’au départ à la retraite, sauf cas de déblocage anticipé prévus par la loi (achat de la résidence principale, invalidité, décès du conjoint) ;
- la fiscalité à la sortie dépend du mode de versement choisi à l’entrée, ce qui demande une vraie réflexion patrimoniale ;
- le rendement reste largement dépendant des supports choisis à l’intérieur du contrat, qui vont du fonds euros sécurisé aux unités de compte plus dynamiques.
Le PER constitue une brique utile, mais il ne couvre qu’une partie du besoin de diversification. Beaucoup d’épargnants cherchent désormais à compléter cette enveloppe par des placements qui ont à la fois un sens concret et un horizon de long terme cohérent avec un projet retraite.
L’investissement à impact, une troisième voie entre rendement et conviction
C’est précisément sur ce terrain que se positionne le financement participatif agricole. Contrairement à une idée reçue, l’investissement à impact ne s’oppose pas à la recherche de rendement : il propose un mécanisme de financement direct, où l’épargnant prête ou investit dans des projets agricoles identifiés, en échange d’un rendement potentiel et d’une traçabilité totale sur l’usage des fonds.
Sur MiiMOSA, plateforme agréée par l’AMF en tant que Prestataire de Services de Financement Participatif, cette logique prend la forme de prêts rémunérés ou d’obligations adossées à des projets concrets : installation d’un jeune agriculteur, unité de méthanisation, parc agrivoltaïque, conversion en agriculture biologique. L’épargnant sait précisément où va son argent, sur quelle durée, et pour quel objectif de transition agricole ou énergétique.
Cette approche répond à une attente identifiée par le baromètre Ifop pour Altaprofits : parmi les Français qui refusent certains placements jugés trop éloignés de leurs valeurs, 44 % avancent des raisons politiques, éthiques ou morales. À l’inverse, un placement dont la finalité est lisible, la souveraineté alimentaire et énergétique française, lève une partie de cette réticence. L’investissement à impact agricole ne remplace pas un PER ou une assurance vie, il vient diversifier une stratégie retraite en y intégrant une dimension de sens que les produits financiers classiques n’offrent pas toujours.
Construire sa stratégie retraite : trois réflexes à adopter
Face à l’incertitude sur le montant futur de sa pension, quelques principes simples permettent de structurer une démarche d’épargne retraite cohérente.
D’abord, estimer le plus tôt possible le montant prévisionnel de sa pension via son relevé de carrière ou un simulateur officiel, pour mesurer concrètement l’écart à combler. Ensuite, répartir l’effort d’épargne entre plusieurs enveloppes complémentaires : un support sécurisé pour l’épargne de précaution, un PER pour l’avantage fiscal et l’horizon long, et une part de financement participatif à impact pour diversifier et donner du sens à une partie du capital. Enfin, ajuster cette répartition dans le temps, en réduisant progressivement la part des placements les plus dynamiques à l’approche de la retraite.
Le financement participatif agricole trouve naturellement sa place dans cette logique de diversification, en particulier pour les épargnants qui disposent déjà d’une épargne de précaution constituée et qui cherchent à allouer une part de leur capital à un horizon de moyen ou long terme.
FAQ : Épargne retraite et investissement à impact
Pourquoi les Français sont-ils inquiets pour leur retraite en 2026 ?
La suspension de la réforme des retraites de 2023 jusqu’à l’élection présidentielle de 2027 entretient une incertitude sur les règles futures. Par ailleurs, 70 % des actifs ne connaissent pas précisément le montant de leur future pension, ce qui empêche toute anticipation fiable de leur niveau de vie à la retraite.
Le PER suffit-il à compenser la baisse anticipée des pensions ?
Le PER reste l’outil de référence pour l’épargne retraite individuelle grâce à son avantage fiscal à l’entrée, mais il ne couvre qu’une partie du besoin. Diversifier avec d’autres supports, y compris des placements à impact, permet de répartir le risque et de ne pas dépendre d’une seule enveloppe bloquée jusqu’au départ à la retraite.
Qu’est-ce que le financement participatif agricole ?
Le financement participatif agricole est un mécanisme qui permet à des particuliers de financer directement des projets agricoles ou de transition énergétique, sous forme de prêts rémunérés ou d’obligations, en échange d’un rendement potentiel. Il diffère du don, qui ne génère pas de contrepartie financière.
Investir dans des projets agricoles via MiiMOSA présente-t-il des risques ?
Comme tout investissement, le financement participatif comporte un risque de perte en capital, le rendement n’étant pas garanti. MiiMOSA, agréée par l’AMF, encadre cette activité par une analyse des projets et une information transparente sur la durée et les caractéristiques de chaque opportunité avant tout engagement.
Quelle part de son épargne retraite peut-on allouer à l’investissement à impact ?
Il n’existe pas de règle universelle, la part dépend du profil de risque et de l’horizon de chaque épargnant. La plupart des stratégies patrimoniales recommandent de ne consacrer à des placements à risque qu’une fraction du capital que l’on peut immobiliser sans compromettre son équilibre financier global.
Le financement participatif agricole peut-il remplacer une assurance vie ou un PER ?
Non, il s’agit d’un support complémentaire et non substitutif. L’assurance vie et le PER offrent un cadre fiscal et une liquidité que le financement participatif n’a pas vocation à remplacer, mais ce dernier permet d’ajouter une dimension d’impact concret à une stratégie d’épargne déjà diversifiée.
Vous souhaitez donner du sens à une partie de votre épargne retraite ? Découvrez les projets agricoles et de transition énergétique actuellement ouverts au financement sur MiiMOSA, et construisez une stratégie d’épargne qui conjugue diversification et impact concret pour la souveraineté alimentaire française.



