Romain Aubugeau
Investir dans les énergies renouvelables en 2026 : les raisons d’un choix qui s’impose
La France vient de se doter d’une feuille de route énergétique fixée jusqu’en 2035. Les objectifs sont clairs, les besoins en financement colossaux. Pour les épargnants qui cherchent à donner du sens à leur capital, la fenêtre est ouverte.
Il y a encore quelques années, placer son argent dans un parc solaire ou un méthaniseur agricole relevait d’un univers réservé aux fonds institutionnels, aux collectivités ou aux grands groupes industriels. Ce temps est révolu. En 2026, un particulier peut financer un projet d’énergie renouvelable depuis son téléphone, percevoir des intérêts réguliers et savoir exactement à quoi sert chaque euro qu’il engage.
Cette bascule n’est pas anecdotique. Elle traduit une transformation structurelle du marché de l’énergie en France, portée à la fois par l’urgence climatique, les ambitions industrielles de l’État et l’appétit grandissant des épargnants pour des placements qui ont un sens au-delà du rendement.
Un marché en pleine accélération : les chiffres qui parlent
La France n’a jamais autant produit d’énergie renouvelable. La production primaire d’énergies renouvelables s’est élevée à 381 TWh en 2024, les sources électriques comme l’éolien et le solaire photovoltaïque représentant désormais 37 % de ce total.
En croissance régulière depuis plusieurs années, les énergies renouvelables représentent 15,8 % de la consommation d’énergie primaire en 2024. Selon les règles de calcul européennes, la part des énergies renouvelables atteint 23 % de la consommation finale brute d’énergie en France en 2024.
Ce n’est qu’un début. La troisième Programmation Pluriannuelle de l’Énergie, présentée par le Premier ministre Sébastien Lecornu en février 2026, définit comment la France produira davantage d’énergie française, décarbonée et compétitive. Concrètement, l’objectif est de réduire les énergies fossiles de 900 TWh en 2023 à 330 TWh en 2035, soit une division par près de trois en douze ans, et de générer 120 000 emplois supplémentaires d’ici 2030 dans les filières bas carbone.
Pour le solaire, les ambitions sont précises : la PPE 3 annonce pour l’énergie solaire un objectif de 48 GW en 2030 et de 55 à 80 GW en 2035, contre près de 30 GW en 2025. Pour y parvenir, des milliers de projets devront être construits, financés, raccordés. C’est là que les investisseurs particuliers entrent en scène.
Pourquoi 2026 est une année charnière ?
La publication de la PPE 3 dissipe une incertitude réglementaire qui pesait sur le secteur depuis plusieurs années. Les objectifs sont désormais connus, les appels d’offres programmés, les porteurs de projets peuvent planifier sur dix ans. Pour les plateformes de financement participatif et leurs investisseurs, c’est un signal fort : la visibilité est là.
En parallèle, le contexte de l’épargne réglementée a profondément changé. Depuis le 1er février 2026, le Livret A affiche un taux officiel de 1,5 %, confirmant le repli engagé depuis plusieurs mois. Dans le même temps, l’inflation française est retombée autour de 0,9 % en 2025 et devait rester légèrement au-dessus de 1 % en 2026, avant les dernières tensions géopolitiques. Malheureusement, l’inflation est aujourd’hui estimée à 2,2% soit bien au-delà du taux de rémunération d’un livret réglementé.
Pour les épargnants qui ont dépassé les plafonds des livrets réglementés ou qui cherchent à diversifier leur patrimoine avec une visée à moyen terme, la question se pose naturellement : où orienter l’excédent d’épargne sans pour autant s’exposer aux aléas des marchés financiers ?
Le financement participatif dans les EnR : un marché qui prouve sa maturité
Le crowdfunding dédié aux énergies renouvelables n’est plus un phénomène marginal. Selon le baromètre annuel publié par Forvis Mazars et FranceFinTech, le financement participatif dédié aux énergies renouvelables a collecté 358 millions d’euros en 2025, et représente désormais plus de 20 % de la collecte globale du crowdfunding français.
Ce qui frappe davantage encore, c’est la dynamique en nombre de projets : 407 projets dédiés aux énergies renouvelables ont été financés en 2025, soit une progression de 24 % par rapport à 2024. Le secteur ne grossit donc pas uniquement en volume financier : il se densifie, se territorialise, et concerne un spectre de plus en plus large de technologies et de porteurs.
Côté rendement, le rendement brut moyen du secteur s’établit à 7,7 % en 2025, en hausse par rapport aux 7,5 % de 2024, avec un niveau de risque resté très limité : aucune perte définitive n’a été enregistrée, et les retards de moins de six mois restent circonscrits à moins de 2 % des projets.
Ce ratio mérite d’être comparé à ce que propose l’épargne traditionnelle. À 7,7 % brut contre 1,5 % pour le Livret A, l’écart est réel. Il ne s’agit pas du même profil de risque ni du même horizon de placement, et ces éléments doivent être pesés avec soin. Mais pour un épargnant prêt à immobiliser une somme sur dix-huit à quarante-huit mois et conscient du risque de perte en capital, le rapport entre rendement potentiel et historique de sinistralité du secteur est aujourd’hui l’un des plus favorables du marché des placements à taux fixe.
Solaire, éolien, méthanisation : quels projets finance-t-on concrètement ?
En 2025, sur le total des montants levés dans les énergies renouvelables via le crowdfunding, 70 % ont été orientés vers le solaire, le reste se répartissant entre l’éolien à 8 %, la méthanisation à 5 % et l’hydroélectricité.
Ce poids du solaire s’explique par la simplicité relative de ces projets, leur maturité technique et la prévisibilité de leurs revenus, notamment grâce aux contrats d’achat garantis par l’État sur vingt ans. Mais d’autres filières présentent un intérêt croissant.
La méthanisation agricole, par exemple, transforme les effluents d’élevage et les résidus de cultures en biogaz. Elle concerne directement les exploitations agricoles françaises et répond à un double enjeu : réduire les émissions de méthane agricole tout en produisant une énergie locale et pilotable. Pour les porteurs de ces projets, généralement des agriculteurs ou des coopératives, le financement participatif représente souvent un complément à des prêts bancaires pour boucler un tour de table.
L’agrivoltaïsme, lui, combine production agricole et production solaire sur une même parcelle. Un agriculteur peut ainsi générer des revenus complémentaires stables de l’ordre de 2 000 à 5 000 euros par hectare et par an, tout en bénéficiant de l’effet protecteur des panneaux sur ses cultures, notamment face à la sécheresse.
D’après une enquête Ipsos, 56 % des agriculteurs considèrent l’agrivoltaïsme comme une source potentielle de revenus complémentaires, et 49 % estiment qu’il peut contribuer à améliorer leur production face aux aléas climatiques.
Un investissement ancré dans les territoires
Ce qui distingue fondamentalement ce type de placement d’un ETF « green » ou d’une obligation verte émise par une multinationale, c’est son ancrage territorial. Chaque projet financé via une plateforme comme MiiMOSA a une adresse, un porteur identifié, souvent un agriculteur, une coopérative ou une PME rurale, et un impact mesurable sur un territoire précis.
Le secteur des énergies renouvelables génère aujourd’hui plus de 118 000 emplois à temps plein et plus de 20 milliards d’euros d’investissements chaque année en France. Ces activités soutiennent des territoires ruraux et industriels, créent des filières locales et contribuent à l’indépendance énergétique du pays.
Financer un projet solaire sur la toiture d’un hangar agricole en Bretagne ou soutenir l’installation d’un méthaniseur en Nouvelle-Aquitaine, c’est participer à cette dynamique de réindustrialisation verte, à une échelle humaine et compréhensible.
MiiMOSA : accompagner les projets de la transition énergétique agricole
MiiMOSA est la première plateforme de financement participatif dédiée à la transition agricole, alimentaire et énergétique. Depuis 2023, elle élargit son champ à des projets d’énergies renouvelables portés par des agriculteurs, des coopératives et des PME rurales, dans la continuité directe de sa mission : financer les acteurs de terrain qui construisent une agriculture et une énergie plus souveraines.
Sur la plateforme, les projets EnR présentés sont issus du monde agricole ou en lien direct avec lui : installations solaires sur bâtiments agricoles, agrivoltaïsme, méthanisation, bois-énergie. Ils sont instruits par des équipes qui connaissent la réalité du secteur, et présentés aux investisseurs avec une transparence totale sur les modalités, la durée et les risques.
Pour les épargnants qui souhaitent diversifier leur épargne avec un placement à impact, MiiMOSA offre ainsi la possibilité de financer des projets concrets, portés par des femmes et des hommes dont l’activité contribue directement à la transition énergétique française.
Bon à rappeler : Investir présente un risque de perte en capital, n’investissez que les sommes dont vous n’avez pas besoin à court terme et diversifiez vos placements.
Ce que dit la trajectoire de marché pour les prochaines années
Les signaux réglementaires, économiques et sociaux convergent dans la même direction. La PPE 3 vient de fixer un cadre clair pour dix ans. La baisse des coûts de production du solaire se poursuit structurellement depuis une décennie. Le solaire photovoltaïque a atteint 28,6 TWh produits sur neuf mois en 2025, soit une progression de 35 %, avec 29,7 GW installés, ce qui représente un record pour la filière française.
L’acceptabilité sociale des projets progresse également. Les communes s’emparent des dispositifs issus de la loi d’accélération des énergies renouvelables de mars 2023 pour identifier des zones favorables sur leur territoire. Les agriculteurs s’organisent pour intégrer la dimension énergétique à leurs projets d’exploitation. Et les épargnants, de leur côté, cherchent de plus en plus à savoir où va leur argent.
Ce triptyque, réglementation favorable, déploiement accéléré, demande citoyenne croissante, crée les conditions d’un marché durable, où le financement participatif joue un rôle de complément indispensable aux financements institutionnels.
Ce qu’il faut retenir avant d’investir dans les énergies renouvelables en 2026
Investir dans les énergies renouvelables via le financement participatif n’est pas un placement sans risque. Le capital investi n’est pas garanti, la liquidité est limitée pendant la durée du projet (généralement entre dix-huit mois et trois ans), et les performances passées ne préjugent pas des performances futures. La sélection des projets et la diversification des investissements restent les meilleurs garde-fous.
Ce que ce type de placement offre en contrepartie, c’est une lisibilité rare : un taux d’intérêt connu à l’avance, un projet identifiable, une durée fixée, et la certitude que les fonds contribuent à financer la transition énergétique française.
Pour les épargnants qui ont déjà sécurisé leur épargne de précaution et cherchent à dynamiser le solde avec une approche à impact, c’est aujourd’hui l’un des véhicules les plus cohérents du marché.
Ressources utiles pour aller plus loin :
- Ministère de la Transition écologique, Chiffres clés des énergies renouvelables, édition 2025 (SDES)
- Gouvernement, PPE 3 : la nouvelle feuille de route énergétique de la France, info.gouv.fr, février 2026
- Forvis Mazars / FranceFinTech, Baromètre du financement participatif, édition 2025 (via L’Echo du Solaire, Batinfo, Boursorama)
- Gossement Avocats, PPE 3 : ce qu’il faut retenir en matière d’énergie solaire, février 2026



