Romain Aubugeau
Marché de la pomme en France en 2026 : une filière sous tension qui cherche de nouveaux relais de croissance
La pomme reste le fruit préféré des Français, mais le verger qui la produit recule année après année. Entre 1,57 et 1,59 million de tonnes récoltées en 2025, soit un repli d’environ 2 à 3 % par rapport à 2024, la production nationale confirme une tendance structurelle de fond : les surfaces plantées diminuent depuis vingt ans, alors que la demande intérieure reste solide. Ce paradoxe ouvre des perspectives concrètes pour les exploitations capables de se moderniser, de diversifier leurs variétés ou de basculer vers le bio. Voici un état des lieux du marché de la pomme, des vergers français et de la consommation, avec un éclairage sur les opportunités qu’il représente pour les investisseurs en quête de projets agricoles à impact.
État actuel du verger pommier français
La pomme demeure le premier verger de France en surface, mais ce leadership s’érode progressivement. Quelques repères structurels permettent de mesurer l’ampleur du mouvement :
- Environ 1,57 à 1,59 million de tonnes de pommes de table récoltées en 2025, en baisse de 2 à 3 % sur un an, selon les dernières estimations d’Agreste publiées en novembre 2025.
- Une production qui dépasse néanmoins de 6 à 8 % la moyenne quinquennale 2020-2024, ce qui relativise le repli ponctuel.
- Moins de 25 000 exploitations disposent d’un verger en France, mais seules environ 13 000 sont spécialisées en arboriculture, selon les chiffres clés 2024 de la filière arboricole.
- Le verger français a perdu environ 25 % de ses surfaces de pommiers en vingt ans, une érosion qui s’explique par la concurrence d’autres cultures, le coût de la main-d’œuvre et le renouvellement des vergers vieillissants.
- La filière arboricole emploie au total 90 000 salariés permanents et près de 180 000 saisonniers, un poids économique loin d’être anecdotique pour les territoires ruraux.
Cette contraction des surfaces n’est pas uniforme. En 2025, l’Occitanie fait figure d’exception avec une production en hausse de 6 % sur un an, portée par une légère progression des surfaces. À l’inverse, les Pays de la Loire, la Nouvelle-Aquitaine et l’Auvergne-Rhône-Alpes affichent des reculs marqués, accentués par la pression de maladies comme la tavelure et par les épisodes de canicule qui affectent le calibre des fruits.
Marché de la pomme : pourquoi le verger français recule-t-il malgré une demande stable ?
La pression sanitaire et climatique pèse sur les rendements
Les campagnes récentes mettent en évidence la vulnérabilité croissante des vergers face aux aléas climatiques. Tavelure, pucerons cendrés, épisodes de canicule affectant la coloration et le calibre des fruits : la combinaison de ces facteurs a contribué au recul de la récolte 2025 dans plusieurs régions productrices. L’irrigation permet d’atténuer une partie de ces effets, comme l’illustre le cas de l’Auvergne-Rhône-Alpes, mais elle représente un investissement que toutes les exploitations ne peuvent pas porter seules.
Une main-d’œuvre coûteuse et de plus en plus rare
Dans les exploitations arboricoles et les stations de conditionnement, la main-d’œuvre salariée représente entre 40 % et 60 % des charges, selon un rapport du Sénat sur la compétitivité de la ferme France. Cette dépendance pénalise les producteurs français face à des concurrents européens où le coût du travail est inférieur, notamment l’Espagne, premier producteur européen avec 11,2 millions de tonnes, devant l’Italie, la Pologne et la Grèce. La France, avec 2,4 millions de tonnes, reste un acteur significatif mais loin derrière ces volumes.
Le renouvellement des vergers, un investissement lourd et long
Un verger de pommiers met plusieurs années avant d’entrer en pleine production, et son renouvellement implique un investissement initial conséquent : préparation du sol, achat de plants, structures de protection contre la grêle, systèmes d’irrigation. Pour de nombreuses exploitations familiales, ce cycle d’investissement long entre en tension avec des trésoreries déjà fragilisées par la hausse des coûts de production.
La consommation de pommes en France : un produit installé, mais des habitudes qui évoluent
La pomme reste, structurellement, le fruit le plus consommé par les Français, loin devant les agrumes ou la banane. Pourtant, sa consommation par habitant tend à diminuer sur le temps long.
Les chiffres d’Agreste situent la consommation française de pommes entre 21 et 26 kg par habitant et par an sur la période récente, avec un pic atteint en 2016 et une tendance depuis à la baisse, notamment sur les produits transformés à base de pomme. D’autres estimations évoquent une consommation moyenne plus proche de 20 kg par foyer et par an, ce qui illustre la difficulté à obtenir une mesure unique et l’importance de bien distinguer consommation par habitant et consommation par foyer.
Plusieurs éléments structurent cette consommation :
- La pomme reste un produit accessible toute l’année, grâce à des capacités de conservation longue durée qui permettent un étalement de la commercialisation sur plusieurs mois après récolte.
- La consommation varie fortement selon les générations : les moins de 35 ans consomment nettement moins de pommes que les plus de 50 ans, ce qui interroge sur le renouvellement de la demande à long terme.
- La France conserve une consommation par habitant inférieure à celle de plusieurs voisins européens, l’Allemagne ou l’Italie affichant des niveaux de consommation par habitant plus élevés.
- Le marché intérieur reste moins actif depuis 2024-2025, avec des prix à la production en repli en fin d’année 2025 par rapport à des niveaux jugés élevés l’année précédente.
À l’export, la pomme française conserve un positionnement solide : environ 38 % de la production nationale part à l’étranger, l’Europe représentant 72 % des tonnages exportés, avec une diversification croissante vers le Moyen-Orient, l’Algérie ou l’Asie. Le solde commercial sur la pomme atteint d’ailleurs son plus haut niveau excédentaire depuis cinq ans entre janvier et septembre 2025, un signal positif pour une filière qui cherche des débouchés au-delà du marché intérieur.
Le bio et la diversification variétale, deux leviers de différenciation
Face à un marché de la pomme standard sous pression de prix, deux dynamiques se dessinent pour les exploitations qui cherchent à dégager de la valeur ajoutée.
La première concerne le bio. Selon l’Agence Bio, la pomme de table représentait en 2023 environ 8 056 hectares certifiés bio, la deuxième production fruitière biologique derrière la noix. Près de 42 % des surfaces fruitières bio sont concentrées en Nouvelle-Aquitaine et en Occitanie, deux régions qui combinent par ailleurs des dynamiques de production de pommes de table relativement résilientes. Le passage en bio représente une période de conversion longue, durant laquelle l’exploitation supporte des coûts de production accrus sans bénéficier encore de la valorisation du label, ce qui constitue souvent le principal frein financier au changement de modèle.
La seconde dynamique concerne les variétés. Le verger français compte plus de 400 variétés de pommes, dont une quinzaine particulièrement plébiscitées par les consommateurs comme la Golden, la Gala ou la Granny Smith. Les exploitations qui misent sur des variétés anciennes, locales ou à forte identité gustative trouvent souvent des débouchés en circuits courts, sur des segments où la traçabilité et l’origine géographique pèsent davantage dans la décision d’achat que le prix au kilo.
Pourquoi la filière pomme intéresse les investisseurs engagés dans l’agriculture durable ?
La pomiculture présente des caractéristiques qui en font un secteur pertinent pour le financement participatif agricole. D’abord, il s’agit d’une production ancrée durablement dans les territoires : un verger en production génère des revenus sur plusieurs décennies, avec une demande intérieure structurellement présente même si elle évolue. Ensuite, les besoins d’investissement sont concrets et identifiables : renouvellement de parcelles, irrigation, filets paragrêle, conversion en bio, ou outils de stockage frigorifique permettant d’étaler la commercialisation et de capter de meilleurs prix hors période de récolte.
Pour un porteur de projet en arboriculture, ces investissements représentent souvent un goulot d’étranglement face aux circuits de financement bancaire classiques, en particulier pour les exploitations en phase de transition ou de diversification. Le financement participatif permet de mobiliser une épargne citoyenne directement fléchée vers ces projets, en complément ou en relais des financements traditionnels.
Sur MiiMOSA, ce type de projet s’inscrit pleinement dans la vocation de la plateforme : accompagner des exploitants qui investissent dans la résilience de leur verger, la diversification variétale ou la conversion vers des pratiques plus durables. Pour les épargnants, soutenir un projet de pomiculture, c’est participer concrètement au maintien d’un savoir-faire arboricole français confronté à une érosion continue de ses surfaces, tout en visant un rendement sur l’épargne placée.
Comment soutenir un projet de pomiculture via le financement participatif ?
Concrètement, plusieurs formats permettent à un épargnant de s’impliquer dans un projet agricole comme un verger de pommiers :
- Le don avec contrepartie, pour soutenir un projet sans recherche de rendement financier, souvent en échange d’une contrepartie en nature comme une caisse de pommes de la récolte.
- Le prêt rémunéré, qui permet à l’épargnant de percevoir des intérêts sur la durée du prêt tout en finançant directement un besoin identifié de l’exploitation (matériel, irrigation, plantation).
- Les obligations participatives, adaptées à des projets de plus grande ampleur, notamment pour des structures collectives ou des coopératives arboricoles.
Avant de se lancer, il reste utile d’évaluer sa capacité d’épargne disponible et le niveau de risque adapté à son profil, sachant qu’un investissement en financement participatif comporte un risque de perte en capital. C’est précisément l’objet du simulateur de capacité d’épargne proposé par MiiMOSA, qui aide à dimensionner une enveloppe d’investissement cohérente avec sa situation.
FAQ — Investir dans la pomiculture et comprendre le marché de la pomme
Pourquoi la production de pommes baisse-t-elle en France alors que la consommation reste stable ?
La baisse de production s’explique principalement par la réduction des surfaces de vergers, en recul d’environ 25 % en vingt ans, combinée à des aléas climatiques et sanitaires récurrents (canicule, tavelure, pucerons). La consommation, elle, reste globalement stable autour de 20 à 26 kg par habitant selon les sources, avec toutefois une tendance baissière à très long terme.
Combien d’exploitations produisent des pommes en France ?
Moins de 25 000 exploitations disposent d’un verger en France, mais environ 13 000 seulement sont spécialisées en arboriculture. La filière arboricole dans son ensemble emploie environ 90 000 salariés permanents et jusqu’à 180 000 saisonniers selon les périodes de récolte.
Quelle quantité de pommes les Français consomment-ils chaque année ?
Selon Agreste, la consommation française de pommes se situe entre 21 et 26 kg par habitant et par an, avec un pic atteint en 2016. D’autres estimations parlent d’environ 20 kg par foyer et par an, un écart qui s’explique par les méthodologies de calcul différentes entre consommation par habitant et par foyer.
La France exporte-t-elle beaucoup de pommes ?
Oui. Environ 38 % de la production française de pommes est exportée chaque année, l’Europe représentant 72 % des volumes. Le solde commercial sur la pomme est redevenu nettement excédentaire en 2025, atteignant son meilleur niveau depuis cinq ans sur les neuf premiers mois de l’année.
Quels types de projets de pomiculture peut-on financer via MiiMOSA ?
Les projets concernent généralement le renouvellement de parcelles de pommiers, l’installation de systèmes d’irrigation ou de protection contre la grêle, la conversion vers l’agriculture biologique, ou encore l’acquisition d’outils de stockage permettant d’étaler la commercialisation. Ces besoins peuvent être financés en don, en prêt rémunéré ou via des obligations participatives selon la nature et la taille du projet.
Investir dans un projet agricole comporte-t-il des risques ?
Oui, comme tout investissement en financement participatif, investir dans un projet de pomiculture comporte un risque de perte en capital et de liquidité. Il est recommandé de n’investir que l’argent dont on n’a pas besoin immédiatement et de diversifier son épargne sur plusieurs projets.
Conclusion
Le marché de la pomme en France illustre une tension classique entre une demande intérieure installée et un appareil de production qui se contracte progressivement. Entre érosion des surfaces, pression climatique croissante et coûts de main-d’œuvre élevés, les exploitations arboricoles font face à des défis structurels qui nécessitent des investissements de long terme : renouvellement variétal, irrigation, conversion bio, outils de conservation.
Pour les épargnants en quête de placements qui ont un sens concret, soutenir ces projets via le financement participatif permet de contribuer directement au maintien d’un savoir-faire arboricole français, tout en visant un rendement adapté à son profil de risque. Découvrez dès maintenant les projets de pomiculture et d’agriculture durable à financer, et explorez la vision de MiiMOSA pour la transition agricole française.



